Envie d’être … enseignant dans le spécialisé

Publié la première fois sur inforjeunes.be

Tu te diriges vers des études d’enseignant ? L’enseignement spécialisé t’intrigue, tu aimerais en savoir plus ? Pour t’aider à y voir plus clair, on te propose l’interview de Marie-Claude et Séphora, toutes les deux enseignantes dans l’enseignement spécialisé.

Quelles sont les particularités de ce type d’enseignement ?

De manière générale, les élèves arrivent avec un retard à combler suite à des manquements de nature familial, intellectuel, socio-culturel, … Dès lors, notre mission est de leurs accorder plus de temps afin d’acquérir des compétences pour qu’ils deviennent des adultes responsables et autonomes.

Ce type d’enseignement procure également une forte reconnaissance de la part des élèves.

Quelles matières enseignez-vous ?

Séphora : des cours de pratique professionnelle en art culinaire et travaux ménagers.

Marie-Claude : des cours de français et morale.

Pour quelle raison vous êtes-vous tournées vers l’enseignement spécialisé ?

Marie-Claude : c’est à l’occasion d’un stage (obligatoire) dans l’enseignement spécialisé lors de mes études que j’ai eu ce déclic.

Séphora : mon choix s’est fait par rapport au type de population qui fréquente l’enseignement spécialisé, soit des élèves qui demandent plus d’attention.

Quelles sont les particularités de vos élèves ?

Il existe 4 formes et 8 types de classification dans l’enseignement spécialisé. Nos élèves sont de forme « 2 » ou « 3 », ils ont entre 12 et 21 ans. Les classes sont mixtes et le nombre d’élèves est limité.

Les élèves « forme 2 » nécessitent une adaptation sociale et professionnelle.

Les élèves « forme 3 » ont une déficience mentale (légère, modérée ou sévère) et/ou des troubles du comportement.

Quels sont les aspects positifs et négatifs du métier ?

Les aspects positifs sont principalement, les horaires adaptés, les classes peu nombreuses, le bon relationnel avec les élèves et un salaire attractif.

Les aspects négatifs concernent la différence de niveaux entre les élèves d’une même classe, les problèmes de discipline et de violence «intra muros» ainsi que le côté émotionnel suite au vécu de certains élèves …

Comment se déroule une heure de cours « type » avec vos élèves ?

En cours d’art culinaire, les élèves réalisent par groupe un menu avec entrée, plat et dessert ; ils dégustent ensuite leurs préparations et procèdent ensuite au rangement du local et des ustensiles.

Les cours de français et morale s’apparentent aux cours donnés en section professionnelle, soit l’acquisition de compétences à visée sociale (remplir un document administratif, rédiger son CV, etc. ).
Une évaluation se fait au terme de chaque période.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaiteraient exercer ce métier, dans ce type d’enseignement ?

Tout d’abord, il faut qu’il s’agisse de son propre choix et non « d’une roue de secours ». C’est un métier qu’il faut faire avec passion ; cela nécessite une bonne capacité de remise en question mais aussi de la patience, de l’écoute, de la bienveillance et de la motivation.

L’enseignement spécialisé peut encore véhiculer une mauvaise image ; il s’agit pourtant d’un enseignement à part entière et souvent plus riche humainement.

Aucune journée ne se ressemble, il faut pouvoir se réinventer continuellement … Vous saurez ainsi pourquoi vous exercez ce métier qui vous donnera la plus grande satisfaction lors de la réussite de vos élèves !

#billet, #metier