Le syndrome « Hikikomori », symbole d’une société en crise ?

Le phénomène des jeunes « Hikikomori » prend de plus en plus d’ampleur, au Japon où il est apparu au départ, mais également plus récemment en Belgique, où la crise sanitaire renforce l’isolement social. Tu as déjà entendu ce mot sans savoir ce qu’il signifie ? Tu connais quelqu’un qui vit une situation d’isolement social total, ou tu tends à te replier sur toi-même ?

Infor Jeunes décortique ce phénomène pour toi.

Hiki…quoi ?

« Hikikomori », c’est un mot japonais dérivé du verbe « hikikomoru » qui veut dire « s’enfermer (chez soi) ». Il désigne le syndrome d’isolement social de personnes qui décident de se « retirer » du monde pour vivre recluses chez elles pendant une période généralement longue. Ce comportement de retrait s’apparente en réalité à un mécanisme de défense pour se protéger du monde qui les entoure. Même si son apparition en Belgique est relativement récente, ce phénomène a démarré il y a plusieurs dizaines d’années au Japon, où les habitants sont soumis à une pression sociale immense dès leur plus jeune âge.

Public-cible

La plupart des personnes touchées par ce syndrome sont des adolescents et jeunes adultes âgés de 13 à 30 ans, dotés d’une grande sensibilité, qui se sentent perdus face aux injonctions sociales trop violentes de la société actuelle. En réaction, ils se renferment sur eux-mêmes afin de se protéger des « autres » qui apparaissent alors comme une menace. Ce rejet du monde extérieur peut également correspondre à une forme de révolte face à la manière dont les choses se déroulent au quotidien (échecs scolaires, perte d’emploi ou difficultés à en trouver, etc.). Cette volonté de repli peut également trouver son origine dans un traumatisme lié à l’enfance ou un sentiment d’insécurité. Tu as sûrement toi-même été déjà confronté à des situations de ce genre, mais pour les Hikikomori, la rupture avec la société devient la seule échappatoire à leurs yeux.

Symptômes

Les chercheurs qui étudient ce phénomène considèrent que, pour pouvoir véritablement parler de syndrome hikikomori, il faut pouvoir reconnaître chez la personne isolée certains « symptômes » manifestes. Parmi ceux-ci, on retrouve notamment le fait de passer la majeure partie de son temps à son domicile, voire même dans une seule pièce de ce dernier, comme une chambre. À cela, s’ajoute l’absence de toute participation sociale habituellement significative, telles que les études ou le travail. Les jeunes hikikomori n’ont en effet pas d’amis proches ou ils ne les voient plus. Ils ont également tendance à user d’Internet à outrance et gardent des relations distantes avec les membres de leur famille. Tu te dis peut-être que toi aussi, ça t’est arrivé de passé quelques jours enfermé dans ta chambre ? Chez les Hikikomori, ces comportements peuvent parfois durer plusieurs années.

Derrière ce comportement se cache aussi parfois des pathologies psychiatriques, comme la schizophrénie, une psychose ou encore une dépression.

Impact de la Covid-19

Le syndrome « hikikomori » part des difficultés rencontrées par de jeunes gens pour investir la société qui les entoure, y trouver leur place et y évoluer sereinement. Dans ce contexte anxiogène lié à la crise sanitaire, où l’isolement social est encouragé voire même imposé, la question se pose de savoir si ce phénomène ne va pas toucher de plus en plus de jeunes. Décrochage scolaire, repli sur soi et abandon des liens sociaux sont déjà autant de conséquences qui sont attribuées à la crise.  Que peux-tu faire si tu te sens de plus en plus en décalage avec le monde, ou si tu connais quelqu’un qui s’isole complètement ?

Pistes de solutions

Si le phénomène n’est pas encore suffisamment connu que pour faire l’objet d’un véritable « traitement », les chercheurs donnent plusieurs pistes de solutions pour les familles qui y sont confrontées. Comme les Hikikomori ne sont pas enclins à sortir de chez eux, et que les y forcer peut s’avérer contreproductif, les parents sont invités à consulter un spécialiste. Le jeune pourra alors être suivi à domicile par un psychothérapeute. Pour les formes les plus graves, un traitement médicamenteux, voire même une hospitalisation, peuvent être recommandés. Dans tous les cas, si tu souffres de ce syndrome ou si tu connais quelqu’un qui en souffre, sache qu’il n’y a aucune honte à avoir. Tu as le droit de te sentir en décalage par rapport au monde qui t’entoure, et de vouloir te débarrasser de la pression quotidienne. En parler, c’est déjà un premier pas vers la guérison.

Sources

#hikikomori, #isolement-social

Amour et handicap

Avoir une vie amoureuse et sexuelle est un droit fondamental pour tous et constitue un facteur d’épanouissement et de bien-être. Chacun d’entre nous peut y prétendre. Tu te poses des questions sur ce qui est possible pour toi malgré ton handicap ? Infor Jeunes tente de t’apporter quelques éclaircissements.

Quels sont tes droits ?

Peu importe ton âge ou ton handicap, tu as le droit de recevoir une éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle. C’est ce qu’on appelle l’EVRAS. Ton établissement scolaire ou l’institution dans laquelle tu évolues se doit de mettre en place des activités de ce type telles que l’organisation de groupes de parole. Il se doit aussi t’orienter vers une personne compétente si tu t’interroges sur ces sujets.

Que tu sois mineur âgé de plus de 16 ans (âge de la majorité sexuelle), sous administration de bien et/ou de la personne ou majeur, tu as le droit de te faire des amis et de rencontrer quelqu’un avec qui partager une relation amoureuse.

Si tu es sous administration de biens et/ou de la personne (anciennement sous minorité prolongée), tu pourrais avoir besoin de l’accord de ton administrateur et/ou de ta personne de confiance pour certains actes comme par exemple le consentement lors du mariage ou de la cohabitation.

Comment rencontrer quelqu’un ?

Comme tout le monde, tu as le droit de te faire des amis et d’entretenir une relation amoureuse avec une personne de ton entourage. En effet, tu peux garder l’œil ouvert et faire de belles rencontres dans ton établissement scolaire ou encore dans tes lieux de loisirs.

Les sites de rencontres peuvent aussi être une voie d’entrée pour faire des rencontres. Il existe des sites spécialisés pour personnes en situation de handicap tels que Dottie. Tu seras peut-être plus à l’aise pour entrer en contact et parler de ta situation.

Des speed-dating et thés dansants pour personnes en situation de handicap s’organisent également dans la plupart des régions. N’hésite pas à te renseigner sur ce qui est organisé dans ta commune.

Enfin, il existe différents évènements qui peuvent te permettre de rencontrer de nouvelles personnes tels que le salon « Envie d’amour » qui se déroule un an sur deux. Tu auras l’occasion d’y découvrir différents services et professionnels spécialisés dans la thématique de l’amour et du handicap.

Vers qui te tourner pour en parler ?

Il existe différents professionnels que tu peux contacter pour aborder les questions de vie relationnelle et sexuelle. En effet, tu peux te tourner vers un sexologue ou un psychologue spécialisé. Tu peux également t’adresser à un centre de planning familial afin de rencontrer le bon professionnel qui pourra t’écouter et répondre à toutes tes questions.

Si tu es entouré de professionnels tels que des éducateurs ou des infirmiers, n’hésite pas à leur demander de t’orienter vers un spécialiste adapté à tes besoins.

Plus d’infos ?

https://www.aviq.be/handicap/AWIPH/projets_nationaux/enviedamour/envie-d-amour.html

https://www.aviq.be/handicap/pdf/documentation/publications/informations_particulieres/charte_agir_juridiques-ACCOK.pdf

https://www.dottie.be/fr/site-de-rencontre-pour-personnes-en-situation-de-handicap

https://www.psytoyens.be/informer/ressources/loi-administration-des-biens-et-de-la-personne/

http://www.loveattitude.be/

#amour, #handicap